Centre de Recherche
Un axe important de recherche du C.R.E.R.I. se situe au confluent de l'économie industrielle et de l'économie de l'innovation. La base théorique d'une telle approche repose principalement sur deux piliers :
1°) les récents développements de l'économie industrielle, principalement la théorie de l'oligopole et des coalitions d'une part, la théorie moderne de la firme, de la coopération et des réseaux d'autre part ;
2°) l'analyse du processus d'innovation, des interdépendances technologiques et des contraintes de sentier, reposant sur la théorie moderne du changement technologique, de la R&D et de l'innovation.
Les recherches engagées ont pour but de montrer que, dans un monde où la Science, la Technologie et l’Industrie sont étroitement imbriqués, les performances, au sens large, des firmes, mais également des secteurs et des nations, dépendent, aujourd’hui, en grande partie, de la maîtrise des technologies par les acteurs économiques et des modes de coordination et d’organisation des acteurs. Les problèmes posés ne se réduisent pas alors à une analyse de la compétitivité par les prix, ni à un modèle d’allocation optimale des ressources rares où les opportunités technologiques sont données et exogènes. Ils correspondent à la nécessaire intégration des stratégies de long terme des firmes, dans leur recherche volontaire de nouvelles possibilités tant sur le plan technologique qu’économique. Les contraintes de l’environnement, y compris écologiques, la prise en compte du territoire, l’impact des politiques publiques sont des éléments fondamentaux à prendre en considération.
Les analyses proposées sont essentiellement d’ordre micro économique, envisagées comme fondements micro économiques d’analyses plus méso ou plus macro économiques. Bien que fondée sur des modèles théoriques, l’orientation prise est résolument et volontairement tournée vers l’analyse et les tests empiriques, ce qui suppose la mise en place de banques de données adéquates, de type données de panel.
1) Changement technologique, R&D, innovation et marchés
La capacité des firmes à innover et à rechercher de nouvelles opportunités technologiques est fonction de la compétitivité des secteurs industriels, y compris au niveau mondial, de leur insertion dans des réseaux et de leurs relations avec les autres firmes et secteurs, ainsi que des politiques publiques (dont régionales) mises en place. Plusieurs sous thèmes de recherche vont dans ce sens:
2) L’approche stratégique des formations de coalitions
2) Cette approche est d’ordre essentiellement théorique et couvre la partie d’analyse de la théorie des jeux avec structure de coalitions, elle a cependant une vertu explicative de phénomènes réels observés. L’approche stratégique des formations de coalitions a pour but de tenir compte de l’existence d’externalités entre joueurs indépendants et entre coalitions, type de situation fréquemment rencontré dans le domaine de l’économie industrielle et de l’économie publique locale. Les situations particulières rencontrées peuvent s’analyser dans le cadre de la construction de jeux non coopératifs, où les choix des stratégies et les règles de formation des accords sont fondamentaux (Thoron .S., 1994, 1995). L’analyse de la coopération dans les oligopoles en est un exemple, les agents ayant la possibilité de choisir la coalition auquel ils veulent appartenir, mais sous réserve que les partenaires en soient d’accord. Dans ce type de modèle, la définition du comportement des agents, notamment en cas d’échec des négociations, le rôle de la menace sont des éléments essentiels, la stratégie de chaque agent dépendant de la stratégie formulée par les autres. De nombreuses variantes de la modélisation sont ainsi nécessaires pour représenter une réalité multiforme (Thoron S.,1995). D’autres spécifications peuvent être incluses dans les modèles : localisation spatiale, coopération technologique etc. (recherche en cours).